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Indiens (2016-2017)

" Vous, Richard, vous êtes un artiste. C'est une des raisons qui nous permet de nous entendre. Les artistes sont les Indiens du monde blanc. On dit que ce sont des rêveurs, qu'ils vivent dans les nuages, qu'ils n'ont pas le sens de la réalité. C'est aussi ce qu'ils disent des Indiens.
Je vous dis que notre monde est le monde vrai, pas le monde de la peau de grenouille verte. Celui-là est un sale cauchemar, l'enfer de l'uniformité rempli du brouillard opaque des villes ". Tahca Ushte, 1989

 

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Attirée depuis toujours par les civilisations dites « primitives » et les cultures en survie, je garde un souvenir très fort de la réserve Navajos, visitée sur le site de Monument Valley, à la frontière de l’Arizona et de l’Utah, en 2002. L’exposition "Les Indiens des plaines" organisée en 2014 par le Musée du Quai Branly m’a également incitée à la réalisation de cette série de dessins-peintures.

Je respecte les Indiens d’Amérique du Nord pour leur rapport fusionnel à la nature, leur hommage constant à la TerreMère, leur grand cœur et leur dignité, leur détachement du monde matérialiste, leur absence d’instinct de propriété.

Ces peuples ont une intelligence de vie innée et intuitive, loin des grands livres. Le Sacré imprègne constamment leur quotidien et leurs croyances. Ils utilisent le rêve et les visions comme prédictions et présages. Dans leurs cultures, le chaman est un élu car il est le grand spécialiste de l’âme humaine pour sa communauté. Il est l’homme qu’une « perception sensorielle hors du commun et la volonté de voir au-delà du visible condamnent à l’inspiration » (Mircea Eliade). En cela, le chaman a la même vocation que l’artiste. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si de nombreux créateurs (Chateaubriand, Antonin Dvorak, Frida Kahlo, Max Ernst, Victor Brauner) ont été et continuent d'être fascinés, au cours des siècles, par ces peuples.

Ce retour à l’enfance des civilisations est mon hommage à leur paradis perdu, une plongée dans leurs traditions et le souhait d’un monde à l’avenir plus juste, plus raisonnable et moins corrompu.

Chaque dessin réalisé au stylo bic (rouge, bleu, vert) correspond à une peinture.